Zero 7 The Garden

ZERO 7 The Garden (2006)

LINE UP :
Sam Hardaker (programmation)
Henry Binns (programmation+chant)

CHANSONS QUI TUENT :
You’re My Flame
Pageant Of The Bizarre
Today

On ne soulignera jamais assez l’importance du troisième album. Pour Zero 7 celui-ci était d’autant plus capital que When It Falls avait déçu par rapport à un Simple Things posant les bases du style minimaliste
d’un duo composé par Sam Hardaker et Henry Binns. Avec leur nouveau LP, The Garden, le groupe surprend initialement en proposant des tempos plus enlevés, une ambiance latente aussi progressive que soul, un son plus organique
soutenu par de plus en plus de « vrais » instruments et une diversité vocale accrue. Il faut dire qu’outre les impeccables Sia Furler et Jose Gonzalez, Binns lui-même se colle au chant et sa prestation sur Your Place, bien que courte et manquant un tantinet de conviction, est tout sauf anecdotique.

Sia Furler est néanmoins encore la vedette de cet opus. Sa voix qui rappelle plus que jamais la tessiture et le sens de l’émotion propre à Anneke Van Giersbergen – c’est particulièrement flagrant sur The Pageant Of The Bizarre et You’re My Flame – semble stimuler la créativité de la paire Hardaker / Binns. Ces derniers en utilisant avec parcimonie les tours de production qui pimentent certaines pistes (You’re My Flame, Today, Futures) n’en font jamais trop et laissent respirer une musique apaisante et foncièrement
positive (Waiting To Die). C’est d’ailleurs là une des forces majeures de The Garden : réussir à provoquer l’introspection sans jouer la carte de la mélancolie
débordante et forcément prévisible. Responsable de la légère tournure folk/prog prise par
l’album, seul le singer songwriter Jose Gonzalez pourrait être accusé d’amener Zero 7 dans cette voie (Left Behind) mais le
lyrisme soul funk tout en retenue de Sia Furler n’est jamais très loin (This Fine Social Scene)…

A côté de cela l’instrumental Seeing Things manque bien de piquant. En dépit de la qualité de ces atmosphères légères et épurées que semble affectionner le duo, elles auraient mérité davantage de profondeur et font donc encore plus attarder l’auditeur sur les succulents titres chantés. Dans cet exercice, Zero 7 démontre avec un certain plaisir qu’il est plus fort que jamais et qu’il maîtrise parfaitement les niveaux
de nuances des arrangements (le très progressif Crosses est l’exemple idéal) pour servir au mieux chaque
chanson, lui donner sa propre identité et la laisser vivre par elle-même.
Si on imagine aisément que certains morceaux de The Garden figureront dans
des bandes originales de films, on espère que leur destin ne se limitera
pas à cela et que Zero 7 franchisse un nouveau cap dans sa reconnaissance
commerciale car au vu du contenu proposé ce serait bien la moindre des ambitions.