Winter’s Bane Redivivus

WINTER’S BANE
Redivivus (2006)

LINE UP :
Alexander Koch (chant)
Lou St. Paul (guitare)
Jeff Welch (basse)
Mark Cross (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
The World

CHRONIQUEUR :
Cosmic Camel Clash
(Septembre 2006)

NOTE :
11 / 20

Avant que Tim « Ripper » Owens n’aille exercer ses talents vocaux chez Judas Priest puis Iced Earth il chantait dans un combo obscur appelé Winter’s Bane. Une fois leur chanteur prodige parti profiter des feux de la rampe, le reste du groupe avait décidé de conserver leur nom et de continuer avec un remplaçant… avant de sombrer dans l’oubli. Et alors que Ripper a lancé son projet Beyond Fear il y a quelques mois, Winter’s Bane réapparaît aujourd’hui comme une fleur, axant une bonne partie de sa promo sur le fait qu’ils sont « l’ancien groupe de Tim Owens ». Opportunisme, quand tu nous tiens…

A défaut de retrouver un chanteur de la trempe d’Owens, Lou St. Paul a mis la main sur deux membres d’un niveau honorable : Alexander Koch et Mark Cross. Le dernier cité est surtout connu pour avoir manqué de peu le poste de batteur d’Helloween pour cause de maladie, ce qui est tout de même un gage de qualité. Quand à Koch c’est un bon chanteur, plus lisse et bien plus typé « gay-metal » qu’Owens mais tout à fait capable d’assurer dans le registre pratiqué aujourd’hui par le groupe, à savoir un power-metal mélodique rarement inspiré. Ni le niveau de jeu ni la production ne sont en cause, ce sont les compositions qui posent problème.

En effet, dès le début de l’album on sait instantanément qu’on aura droit à de la musique catchy, bien faite, mais totalement dépourvue de relief. Les rythmiques et la batterie envoient le bois, les soli sont bons, mais… la mixture des éléments épiques et mélodiques d’Helloween avec le feeling power/thrash d’Iced Earth, on commence à connaître un peu! Le groupe tente parfois l’aproche heavy-metal avec le mid-tempo de Spark To Flame, le heavy-rock sur remember To Forget, ou va chasser sur les terres de Nevermore avec Catching The Sun, mais quel que soit le registre abordé le résultat sonne déjà entendu, bien que pas désagréable du tout.

On sent parfois poindre chez Winter’s Bane un semblant d’originalité comme lors des couplets de The World ou de Waves Of Fury mais ça ne dure jamais longtemps, et les clichés reviennent très vite s’imposer comme la tendance dominante de Redivivus. C’est presque triste car les variations d’approche et de tempo sont réelles, mais les riffs et la voix de Koch ancrent le tout dans un genre « true metal » surchargé de groupes bien meilleurs auxquels on ne peut que penser. Quel intérêt d’écouter Winter’s Bane alors que Blind Guardian vient de sortir un bon album et que Dragonforce est en train de réellement faire avancer le genre? Ce n’est pas cet album correct sans plus qui apportera la réponse…