Warattah Distortion

WARATTAH
Distortion (Démo-2006)

LINE UP :
Khris (guitare+chant)
Xav (batterie)
Cyril (basse)

CHANSONS QUI TUENT :
Skulls In A River Beds
Song To A Close Friend

CHRONIQUEUR :
Count D
(Octobre 2006)

NOTE :
15.5 / 20

Voilà du bon metal bordelais qui poutre ! Extrêmement discrets sur leurs origines, voilà donc un trio qui met le feu à la platine pendant quatre titres. Pour qualifier cette première démo « Distortion », l’on pourrait parler de metalcore ou encore power thrash metal. Toujours est-il que le trio joue sur une technique instrumentale poussée, axée principalement sur des riffs agressifs et directs, non répétitifs, et des breaks rythmiques assez désinvoltes. Pour un tout jeune groupe, félicitons la puissance et la maturité quasi naturelles qui débordent de ces compositions. Tout en gardant une ligne directrice homogène, la musique de Warattah semble inspirée de divers univers tels la scène HxC américaine (Skulls In A River Beds) ou encore le thrash enragé européen (Song To A Close Friend). Et s’ils ne sont que trois, la puissance et l’énergie débordant de « Distortion » en laisseront plus d’un pantois…
Passant aisément du mid tempo à des rythmes bien pus soutenus, cette galette respire et se laisse écouter avec attention, tant la richesse des riffs et des cassures rythmiques est importante. Le son est très bon (avec quatre mois de mixage pour quatre titres), et le chant en tire son parti avec une teinte thrash prononcée, surfant sur les riffs et les breaks pour insuffler plus d’intensité encore aux compositions. Bon, pas grand-chose à dire de plus sinon que les fans du style (nationalistes de surcroît) seront très ravis de ce début vraiment prometteur. Sans en douter, la puissance de Warattah se décuple sur scène.

Via Mistica Under My Eyelids

VIA MISTICA
Under My Eyelids (2006)

LINE UP :
Kaska (chant+violoncelle)
Marcin (guitare)
Marecki (guitare+chant)
Rycho (claviers)
Jarek (basse)
Adam (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
Dance Manolis
Marcabre

CHRONIQUEUR :
Count D
(Octobre 2006)

NOTE :
14 / 20

« Under My Eyelids » est le troisième album du groupe polonais Via Mistica. Comme les précédentes réalisations, on retrouve ici un gothic metal à chant féminin, agrémenté de belles parties de violoncelle et d’un growl masculin en soutien. De manière générale et pour ne pas se fondre en comparaisons, Via Mistica délivre ici un album inspiré des atmosphères intimes et sombres des premiers Theatre Of tragedy. Les guitares n’ont en majorité qu’un rôle de ciment par rapport à la place laissée au chant de Kaska. Ce dernier est assez précis mais manque de puissance et prend parfois une place trop importante, alors que le chant masculin et la structure instrumentale sont excellents.
Baigné dans une ambiance de sombre forêt et de mélodies inquiétantes, frôlant de temps en temps la dissonance pour mieux s’exprimer, les quinze titres présentent tout de même une grande variété de nuances, aussi bien expressives qu’instrumentales, témoignant d’une inspiration grandissante et sans borne du groupe. L’excellent Secret, au parfum de non-retour, précède le lancinant Manolis, suivi par le très riche Dance Marcabre. Ce titre montre tout le potentiel du groupe à exploiter de manière personnelle une palette d’émotions musicales aussi sombres que nostalgiques. « Under My Eyelids » est un album plein d’idées et de sensibilité, mais il reste au combo à peaufiner ce chant féminin, ce qui semble bien parti. Ce créneau est assez risqué mais Via Mistica est prévenu et semble motivé pour s’y faire une place. Ce qu’ils font est déjà fort respectable.

Vertigo 2

VERTIGO
2 (2006)

LINE UP :
Joseph Williams (chant+piano)
Virgil Donati (batterie)
Fabrizio V.Zee Grossi (basse+claviers)
Alex Masi (guitare)

CHANSONS QUI TUENT :
Holy

CHRONIQUEUR :
David
(Juin 2006)

NOTE :
10 / 20

Joseph Williams est de retour, peu de temps après sa participation anecdotique en tant que chan… choriste, pardon, sur le dernier album de Toto, Falling In Between, une bonne surprise quoiqu’un peu surcôtée quand même. Pour son deuxième album, Vertigo continue à faire de l’AOR passe-partout. C’est le genre de musique que l’on croirait directement composé par les responsables de Frontiers Records et auquel il manque juste un chanteur pour poser sa voix. « Ah tiens, et si on appelait Joseph Williams pour le faire chanter là-dessus ? Il a du temps libre en ce moment ! » Autrement dit, ça aurait pu être chanté par n’importe qui d’autre tellement la musique de ce disque est impersonnelle et calibrée « Frontiers ».

La présence de Jason Scheff de Chicago pour les choeurs passe inaperçue. Et pour le batteur Virgil Donati, on était habitué à plus de virtuosité de sa part dans ses autres groupes (Planet X, Ring Of Fire). On se demande presque ce qu’il vient faire là. Il est probablement fan de Joseph Williams, grand chanteur s’il en est. Et jouer sur un album d’une telle pointure, ça ne se refuse évidemment pas ! La musique de Vertigo n’est pas comparable aux albums de Toto sur lesquels Joseph Williams avait chanté (Fahrenheit et The Seventh One). Le seul but ici est de faire plaisir aux fans de rock mélodique, ça ne va pas plus loin. Bien sur, les fans de Toto pourront toujours y jeter une oreille et ils seront probablement ravis de constater que sa voix a très bien résisté à l’épreuve du temps. On a même du mal à croire qu’il ait été viré de Toto à l’époque à cause de ses mauvaises prestations scéniques. Mais je doute que ces mêmes fans y trouvent leur compte sur ce disque ; Vertigo n’a pas vraiment l’ambition artistique de Toto.

L’album n’est pas foncièrement mauvais, ça s’écoute sans problème, mais de la part d’un tel chanteur, on attend davantage qu’un album « qui s’écoute ». Dès le premier titre, In The Blink Of An Eye, on sait déjà qu’il y aura des choeurs sur le refrain, comment il va sonner etc. On sait aussi à quoi ressembleront les titres suivants. Mais le suspense reste entier concernant le nombre de ballades…. Deux ? Trois ? Quatre ? Non, en fait, il y en a que deux, There’s A Reason et Save It All For Me (avec du piano s’il vous plaît !).

A partir de là, trois possibilités s’offrent à vous :
– Vous êtes persuadé que Joseph Williams est le meilleur chanteur que Toto ait jamais eu et vous ne possédez pas beaucoup de CDs Frontiers Records. Dans ce cas, Vertigo a peut être une chance de vous plaire. Son retour chez Toto deviendra même une nécessité pour vous, un besoin vital, vous n’en dormirez plus la nuit !
– Vous venez à peine de vous remettre du dernier Toto, Falling In Between, et vous êtes un habitué des productions Frontiers. L’écoute de Vertigo risque alors de vous faire ressentir une certaine lassitude envers tout ce formatage.
– Il vous manquait un freesbee pour jouer dans le parc avec votre chien. Ceci dit, vous avez trop de respect pour Joseph Williams, votre chien attendra !

Vader Impressions In Blood

VADER
Impressions In Blood (2006)

LINE UP :
Piotr Wiwczarek (chant+guitare)
Marcin Nowak (basse)
Darek Brzozowski (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
Helleluyah!!! (God Is Dead)
Predator

CHRONIQUEUR :
Count D
(Octobre 2006)

NOTE :
16 / 20

L’année 2006 s’annonçait sous le signe d’une recrudescence death metal. Vader enfonce le clou avec un album monstrueux, aux allures d’un géant dans un jardin d’enfants. Si « The Beast » sorti en 2004 fut une belle galette pleine de violence, « Impressions In Blood » est un peu comme un gros soufflé au fromage qui explose à la figure, c’est-à-dire une belle surprise même si c’était prévisible. Vader est un de ces groupes, que s’il reste bien au chaud dans son créneau, parvient à donner toujours autant de frissions à chaque nouvelle sortie. La force de ce groupe, acquise et confirmée avec le temps, réside dans sa capacité à se gratter le dos sur tous les murs du style, autant dans la violence pure que dans le lourd et pesant.
« Impressions In Blood » reste ainsi profondément classique, dans les riffs comme dans les constructions. C’est maintenant bien rodé et Vader y ajoute ses idées bien à lui, notamment dans ces enchaînements de riffs très changeants et chargés d’ambiance, donnant quelques frissons au passage. La lourdeur de Vader n’a d’égal que le titre Predator, aux rythmiques répétitives et au chant écrasant de Piotr. A l’inverse, toute la hargne martiale et thrash/black metal se développe sur Warlords, aux allures d’un diesel enflammé, aux cotés de titres encore plus rapides (Red Code et Amongst The Ruins). Le groupe met aussi de la fraîcheur où il faut avec des riffs très thrashy à la Slayer, parfumant le doux cadavre d’un vent salvateur.
Au-delà de ça, Vader accouche d’une soudaine envie d’orchestrations, avec des intros toutes noires et singulières comme celles de Between Day And Night, Helleluyah!!! (God Is Dead) et Predator. Puisqu’on en parle, il ne faut pas passer à coté de l’hymne de l’album, scandé à pleins poumons : « God Is Dead, Dead, Helleluyah!!! » Le titre correspondant est assez énorme de précision et d’efficacité, aux riffs pointus et refrains tragiques, mélangeant passages puissants et passages plus lourds. Du très bon, tout autant charismatique que puissant.
Vader nous réserve plus d’un tour dans son sac avec ce « Impressions In Blood », œuvre imposante aux multiples facettes. Les tournées qui suivront cette sortie seront encore une fois une vraie tuerie, à la mesure de la qualité scénique du groupe. « Impressions In Blood » doit être écouté et réécouté.

Velvetcut Thirteen

VELVETCUT
Thirteen (2006)

LINE UP :
Tomi (chant+guitare)
Topi (guitare)
Sami (basse)
Andy (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
Lady Solitude
Comfortable Silences
Dominoes

CHRONIQUEUR :
[MaelströM]
(Septembre 2006)

NOTE :
14.5 / 20

Groupe finlandais porté par le chanteur-guitariste Tomi, VelvetCut sort son premier album et quelque chose me dit qu’on va en entendre parler d’ici peu. Triturant des influences heavy avec des compositions davantage tirés de la pop, le plus agréable à écouter est certainement la dilution que font les VelvetCut entre du metal propre cadré et des éléments trashy hérités du grunge. A la croisée entre du Nine Inch Nails adouci et du Placebo double-forté, le groupe convainc sans peine dès les premières notes grâce à un travail d’une maturité étonnante.

Le tube en puissance Lady Solitude qui ouvre l’album est un concentré de power-pop réjouissant et démarre les quarante minutes avec une intro de batterie rendant hommage à Charlie Watts sur un titre qui définit le caractère de l’album : des airs de metal gonflés par une atmosphère sombre et froide (la pochette résume) couplés à des refrains prenants issus de la pop la plus facile. Et là où VelvetCut accroche, c’est que le contraste passe sans accroc et aucun des titres ne souffre d’un quelconque décalage entre les deux genres. Si l’exercice ne sent pas la perfection sur tous les titres, aucun morceau n’en arrive à être réellement mauvais, et cela grâce à une touche soignée qui garde confortablement l’attention de l’auditeur sur tout le disque.

La formule est gardée pour Everyone To Please ou The Resident, et le groupe n’hésite pas, quand le ressassement s’essouffle, à mélanger ses influences. Un titre comme Where Love Has No Name et son « morphine! » pourrait être un titre de Nirvana si le groupe perdurait encore aujourd’hui. Dominoes semble d’ailleurs un concentré de l’album tout entier, un titre à écouter en priorité pour cerner le savoureux mélange de pop et de metal exercé par le groupe, alternant les distorsions avec les guitares acoustiques sur des harmonies vocales non sans rappeler Alice In Chains (réminiscences du grunge, toujours) en moins torturé.

Pour ne pas lasser, VelvetCut s’offre le temps de quelques ballades avec la Radioheadisante Go Away et la magnifique Comfortable Silences, exercice qui, une fois de plus, frappe par la facilité avec laquelle le leader saute sur les genres, les assimile, et même sans prendre de risque, arrive à sortir de jolies chansons ou des rock énervés qui ne sentent pas le réchauffé. Si le disque est malheureusement un peu trop propre et peu aventureux sur les aspects de composition, le travail est déjà excellent pour un premier album et mérite le coup d’oreille sans avertissement. Un groupe dont la carrière est à suivre – obligatoirement.

Usthen To Usthenjøkull

USTHEN
To Usthenjøkull (Démo-2006)

LINE UP :
Meltear (guitare+chant+batterie+claviers)
Olskayl (basse)

CHANSONS QUI TUENT :
Crystal Tear Of Melancholy

CHRONIQUEUR :
Count D
(Août 2006)

NOTE :
09 / 20

Anciennement Pessimistic, ce combo parisien, resté dans l’ombre jusqu’alors, se transforme en Usthen, qui –selon ses propres termes- a pour objectif de rassembler des compositions autoproduites et de les marier à des images et une histoire sous forme de nouvelles. Suite à deux premières démos, « To Usthenjøkull » rassemble cinq titres de black métal minimaliste composés entre 2002 et 2004. La simplicité assez remarquable des riffs et des rythmiques donne tout de suite le ton. Dans un mid tempo parfois ennuyeux, Usthen entend développer des textes aboutis. Mais il est difficile de s’y attarder si sur le plan musical il y a encore de gros efforts à faire… A part un passage de chant délirant en plein milieu de Crimson March, le tout est un ensemble de riffs ultra basiques et ma foi peu expressifs, ne réussissant que peu à développer une ambiance ou une teinte cohérente d’un titre à l’autre.
Malgré les efforts, la production manque complètement de puissance et les guitares timides se perdent derrière le chant caillouteux, qui lui-même dégage peu de force et de conviction. Parfois, des essais de sons plus « cosmiques » viennent se perdre ici et là de façon incongrue, sans réel effet. Heureusement que le dernier titre Crystal Tear Of Melancholy relève considérablement le niveau avec une construction bien pensée, des passages rapides et surtout une atmosphère à la Nehemah que l’on ne retrouve pas ailleurs. Pas assez convaincant dans l’ensemble. Courage !

Ureas The Naked Truth

UREAS
The Naked Truth (2006)

LINE UP :
Per Johansson (chant+claviers)
Heidi Johansson (chant+claviers)
Søren Hoff (guitare)
Kasper Gram (basse)
Mikael Skou Jørgensen (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
Intoxicated
Spiritually Possessed
Survived

CHRONIQUEUR :
Cosmic Camel Clash
(Septembre 2006)

NOTE :
12.5 / 20

Un couple marié qui fait du métal, que c’est mimi! Si cela semble peu courant c’est que certains groupes évitent consciencieusement de diffuser l’info, ou mentent carrément pour garder une image plus « métal » (comme Sabina et Andy Classen d’Holy Moses, faussement « frère et sœur »). Quoiqu’il en soit, les époux Johansson ont recruté ce qu’il fallait de musiciens pour jouer leurs compos, et voilà le premier album d’Ureas produit par Tommy Hansen, mixture improbable de metal goth à l’ancienne et de feeling moderne lorgnant sur Evanescence. Etrange et pas inintéressant…

Il est impossible d’écouter les premières secondes d’Intoxicated sans penser à Evanescence : les quelques notes de piano égrenées, le fond un peu electro, le riff de guitare simpliste et purement rythmique, la voix féminine fragile et passée au vocoder… Mais dès que la chanson décolle la donne change, pour raison de Per Johansson derrière le micro. Sa voix est en effet digne d’éloges : il sait passer d’un côté nasillard et groovy (on penserait presque à Phil Collins par moments) à un chant lyrique et puissant presque digne d’un groupe de true metal allemand. Rien que cette voix hors normes confère à Ureas une identité spéciale, sachant que Per assure les deux-tiers des vocaux, Heidi se contentant d’un rôle de contre-chant le plus souvent.

Le parallèle avec Evanescence se confirme dans l’efficacité brute de titres catchy comme Bang Bang ou Seven Days Weekend… Mais quand le groupe décide de composer une musique plus profonde c’est l’ombre de Paradise Lost qui s’impose. Les refrains d’In My Life sont trop métal pour être étiquetés MTV-friendly… mais les couplets au piano chantés par Heidi sont pop au possible, eux, par contre. Ce clash constant entre optique visiblement commerciale et approche plus « crédible » est sans conteste la marque de fabrique d’Ureas, et donne des résultats allant du bon au médiocre. Par exemple la ballade Colour Us Blind est très hypnotique et sa mélodie reste en tête fort longtemps, mais la nullité crasse des paroles (« Blood is red, hate is black, truth is blue », pardon quoi…) ainsi que la longueur du tout finit par lasser, malgré l’intervention de Matthias IA Eklhund à la guitare.

On compte de vraies réussites comme la power-ballade épique Survived dans laquelle la voix de Per impressionne franchement par sa dimension lyrique… surtout quand il balance un registre totalement sleazy de « canard » qui rappelle les grandes heures du hard eighties juste après sur le catchy Lost My Faith! Problème : si les variations vocales du bonhomme sont impressionnantes, le registre « hard rock » convient beaucoup moins à son groupe que les recherches mélancolico-goth. Dans la série curiosités, My Dearest One ne sait pas trop trouver sa place entre ballade, titre heavy lent et mélodies folk… Le résultat rend pas mal, quoiqu’un peu répétitif.

Cet album est donc une entité bizarre, alternant les registres avec un taux de réussite inégal et réussissant pourtant à conserver une identité propre au milieu de tout ça. La volonté claire de théâtraliser les titres les plus ambitieux -arrangements, extraits de films, lyrisme- laisse une impression bizarre une fois que les titres les plus directs et formatés single débarquent… Ureas fait le grand écart entre créativité réelle et application de recettes fadasses (Seven Days Weekend est pourrie de clichés dancefloor), et désarçonne l’auditeur qui ne sait plus s’il a affaire à une formation sincère et sérieuse ou pas. Cet album bâtard est donc digne de votre intérêt, mais il faudra impérativement poser une oreille sur chaque titre avant de décider si vous l’achetez ou pas, car le risque de mauvaise comme de bonne surprise est grand.

Tystnaden Sham Of Perfection

TYSTNADEN
Sham Of Perfection (2006)

LINE UP :
Laura De Luca (chant)
Lorenzo Frascaroli (claviers+chant)
Cesare Codispoti (guitare)
Federico Grassi (guitare)
Marco di Castri (basse)
Alberto Iezzi (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
The Foolish Plan
Rewards
Pride vs Intellect

CHRONIQUEUR :
Count D
(Octobre 2006)

NOTE :
11.5 / 20

« Sham Of Perfection » est le premier véritable album des ritals Tystnaden (mot suédois, ne pas chercher à comprendre…), après une première démo assez remarquée en 2003 (« Fragments »). Pour un premier album, baigné dans un gothic metal à voix féminine (style Lacuna Coil), Tystnaden met le paquet. Ce n’est pas toujours réussi ou cohérent, mais on sent que le combo a beaucoup de choses à dire et que trois quarts d’heures ne leur semblent pas suffisant au final. « Sham Of Perfection » est assez complet musicalement, faisant appel aux riffs métalliques scandinaves dans le sens thrash du terme. Des violons, et même des composantes plus électros complètent le tableau. Tous ces ingrédients se mélangent, laissant à certains moments un sentiment d’inachevé. On passe parfois d’un heavy rapide à une ballade sentimentale plus que collante.
Bon, il faut tout de même reconnaître que le chant de miss Laura De Luca se prête bien au style, sachant être autant percutante que lancinante voire lyrique. Il faut par contre être habitué, parce qu’il devient un peu irritant au bout d’un moment. Instrumentalement, ils savent de quoi ils parlent, et mélodiquement c’est la même chose. Après un lancinant Tysdnaden, Foolish Plan s’avère très expressif, tout autant que le plus death et pêchu Rewards, les growls de Frascaroli aidant. « Sham Of Perfection » peut plaire, mais il manque ici une ligne directrice, une puissance contrôlée. Et avec des guitares davantage mises en avant, ce serait encore mieux.

Ty Tabor Rock Garden

TY TABOR
Rock Garden (2006)

LINE UP :
Ty Tabor (chant+guitare+basse)
Wally Farkas (guitare)
Randy St. John (batterie)

CHANSONS QUI TUENT :
Take It
Afraid
Pretty Good

CHRONIQUEUR :
David
(Octobre 2006)

NOTE :
09 / 20

La Terre est ronde, le Père Noël est une ordure, Ty Tabor fait toujours la même chose… Ou comment enfoncer des portes ouvertes dès l’introduction d’une chronique ! Que Ty Tabor soit un fonctionnaire délivrant des mid-tempos à l’infini, des mélodies devenues stéréotypées depuis le temps et qu’il privilégie allègrement la quantité à la qualité pour ses projets, ça on commençait à le savoir depuis quelques années. Sauf qu’ici, il a poussé le concept encore plus loin, il a carrément décidé de recycler tous les riffs, toutes les mélodies dont il nous abreuve depuis dix ans. Toujours pas lassé ? Même le son de guitare n’a pas bougé, toujours coincé dans les années « post-grunge » à partir de la tentative de revirement plus ou moins réussi sur Dogman ! Après Brendan O’Brien, King’s X aurait pu aller plus loin, recruter un producteur typé néo-metal du style Ross Robinson et accorder les guitares un ton plus bas encore, pour faire moderne et célébrer le passage au nouveau millénaire. On a échappé à ça, on ne va pas s’en plaindre !

On pensait que Ogre Tones allait enfin remettre King’s X sur le droit chemin. Mais non, Ty Tabor n’a toujours pas compris que des albums comme Rock Garden ne servent à rien. Si encore ses compos étaient inspirées, on passerait l’éponge malgré la redite. Même pas, son précédent album solo, le mélancolique Safety, était bien plus intéressant, on n’avait pas l’impression d’écouter du sous-King’s X comme ici ! En cherchant bien, on trouvera un bon titre ici ou là comme Afraid au refrain dynamique, dans la veine de I’m With You du premier album de Platypus, When Pus Comes To Shove. C’est bien là le problème d’ailleurs, en écoutant ce disque on repensera toujours à ce qu’il a fait avant, à un titre antérieur à ce Rock Garden. Impossible d’en faire abstraction de tout ce passé. Le riff un brin heavy sur Play, on sait qu’on l’a déjà entendu, sur Black Like Sunday ou Ear Candy. La fin de Play est tellement prévisible aussi, quand Ty Tabor fait un peu durer le morceau, un procédé on ne peut plus classique de sa part.

La ballade de base Beautiful Day, l’inspiration pauvrissime de Stalker… Inutile de tout détailler de A à Z, Rock Garden est d’une banalité affligeante. N’existe t-il pas différentes possibilités ou combines pour varier un peu les tempos ? Pour Ty Tabor, la réponse est claire : non ! Quelques titres à sauver, parmi lesquels le légèrement bluesy Take It qui sort un peu de l’ordinaire ou les entraînants Ride et Pretty Good. Ty Tabor n’est pas déprimé et cherche plus à se faire plaisir qu’autre chose, sans se poser la question sur l’utilité même d’un tel album ! Peut-être que certains fans toujours conciliants envers des musiciens qui ont ramé durant toute leur carrière ne se poseront pas ce genre de questions et apprécieront l’album simplement, ils ont bien de la chance ! Quand on pense que certains médias présentent toujours King’s X comme un combo original, hors-normes, sous-estimé, créatif, j’en passe et des meilleurs. Dans le cas de Ty Tabor, ces qualificatifs ne sont plus d’actualité.

Trivium The Crusade

TRIVIUM
The Crusade (2006)

LINE UP :
Matthew Heafy (chant+guitare)
Corey Beaulieu (guitare)
Travis Smith (batterie)
Paolo Gregoletto (basse)

CHANSONS QUI TUENT :
The CrusadeEntrance Of The…Unrepentant

CHRONIQUEUR :
-the lord
(Septembre 2006)

NOTE :
18.5 / 20

Alors qu’Avenged Sevenfold et Bullet For My Valetine cartonnent de plus en plus, Trivium se rappelle à notre bon souvenir avec un disque qui renverra toutes les stars montantes à des activités de coloriage. The Crusade illustre à la perfection le concept d’album de la maturité. Finis les enfantillages metalcore (pourtant déjà incroyablement prometteurs) d’Ember To Inferno et d’Ascendancy, Trivium met le pied au plancher et concrétise TOUS les espoirs placés en lui et Dieu sait qu’ils étaient nombreux. Conscient qu’il leur était impossible de grandir en pratiquant la même musique que sur les opus précédents, Matt Heafy et ses trois camarades ravivent la flame du thrash metal à l’ancienne comme aucun des groupes américains reformés dans les années 2000 n’a su le faire.

Il faut dire que techniquement, et surtout grâce à ses six-cordistes, Trivium est mieux armé que toute la vague thrash eighties à lui tout seul. Il ne faut néanmoins pas s’attendre à de la démonstration technique vide de sens : les compositions sont pensées pour être avant tout de bonnes chansons, même lorsqu’elles adoptent le format instrumentalo-épique (The Crusade). Avec un changement vocal qui semble le lié filialement à James Hetfield (à tel point que ça en devient parfois embêtant), Heafy a métamorphosé son groupe tout en créant un monstre surpuissant capables d’enchaîner les lignes vocales écrasantes à vitesse surréaliste (To The Rats, Unrepentant, Anthem (We Are The Fire), Becoming The Dragon, etc).

La technicité omniprésente confirme tous les dons musicaux du groupe : des soli de guitares entre modernisme et tradition absolument parfaits, un morceau-instrumental appelé à faire date, des couplets agressifs comme seul le vrai thrash peut en offrir, des refrains aux mélodies aussi fantômatiques que viriles et un taux de testostérone à faire pâlir Floyd Landis… Voilà ce que The Crusade a vous offrir. Même si le groupe verse épisodiquement -et l’on espère inconsciemment- dans les clichés du metalcore (le pont de Becoming The Dragon, le refain d’Ignition et l’utilisation un peu basique d’harmonies vocales), ce disque possède une telle intelligence d’écriture et une force de frappe comparable à une arme de destruction massive qu’il faudrait être président du fan-club de Christina Aguilera pour ne pas tomber sous son charme. Le meilleur album de l’année, tout simplement.