Blockheads Shapes Of Misery

Blockheads - Shapes Of Misery

BLOCKHEADS SHAPES OF MISERY (2006)

LINE UP : Raph (basse+choeurs) Xav (chant) Fred (guitare) Antoine (guitare+chant) Nico (batterie)

Meilleure chanson de l’album : Social Fracture I’ve Been »¦ Despair

NOTE : 14 / 20

Boum ! Gros début gras style brutal death à la Deranged. Le chant suit la mouvance avec un bon gros growl. Pas de doute, cette « Bow Down » qui ouvre la galette marque un certain changement « ¦ Et bien non. Car fort heureusement le grind reprend ses droits sur cette même chanson avec les chants reconnaissables entre mille de Blockheads fait de variations entre le hurlé raclouillé (un peu raclé) et le beuglement primaire de gros boeuf. Tant mieux. Nos nancéiens n’ont pas perdu leurs bonnes vieilles habitudes grindesques. Et c’est fort heureux car le grind, il n’y a que ça de vrai. Du blast à tout va, ça fait toujours plaisir. Du hurlement dans tous les sens, ça remue les tripes. Et du gros mur de guitare. C’est la caractéristique principale du son des Blockheads et on la retrouve bien évidemment ici même. Par contre, la production est légèrement en retrait de leur précédent effort, Human Parade, à ce niveau puisqu’on est moins scotché à son siège. De plus, la caisse claire a un son assez étrange, proche de la casserole, pas glop. Reste néanmoins une impression d’écrasement constant et c’est le principal. Toujours aussi des passages où seule la basse vous assène de coups de clé de 12, ça renforce l’impression de pesanteur (exemple : « I’ve Been »¦ »). Pour continuer dans cette optique de domination sonore, le groupe aime à caser certaines plages plus calmes où le batteur martèle ses fûts (notamment la cymbale) avec force véhémence « ¦ et ça marche puisque non seulement cela aère le disque mais en plus cela nous colle un peu plus au sol. Ensuite ? Ensuite il s’agit de pur grind. De la défonce musicale par excellence. Fort heureusement cette défonce musicale est faite avec suffisamment de maitrise instrumentale pour ne pas sombrer dans la bouillie innommable. Les riffs se permettent donc une variété (relative, mais c’est du grind hein) plus que correcte, les rythmes sont correctement diversifiés et leurs changements se déroulent sans anicroche. De plus, il y a quelques petites trouvailles sympatoches. Par exemple, prenez « Going East », elle propose une coupure bien franche et bien en plein riff. C’est facile et c’est bien trouvé. Il y a aussi le solo qui tue (non, vous ne rêvez pas !) : cela se passe sur « I’ve Been »¦ » . Limite shred, très court et très bon qui plus est. Pour finir, voici du très bon grind, non pollué par trop de death et dont la durée (27 minutes) est largement suffisante. Le principal grief, outre une production pas forcément tip-top, sera qu’il s’agit finalement d’un album qui ne change en aucun cas la face du grind. Il apporte son moellon avec vigueur à l’édifice, mais rien d’original.