Aborted The Archaic Abattoir

Un
album arrivé sous les feux de la rampe après deux précédents
efforts très appréciés dans le milieu de l’extrême, forcément,
l’attente est grande. Et à en lire les différentes réactions
dans les magazines, c’est jackpot cette fois! Après un
Goremaggedon de haute volée d’après la presse, voilà que ce The
Archaic Abattoir franchit la dernière marche, la plus dure, qui mènera
l’album de excellent à fabuleux. C’est grâce à ces
dithyrambes que j’ai craqué et donc acheté mon premier album de
Aborted.Première constatation, c’est violent! Du
brutal death gore sans concession. Le blast est souvent là et le
rythme est de toute façon réglé sur ultra vitesse. Deuxième
point marquant, la production est assez énorme. Toute en puissance
et carrée. Et ensuite, les riffs? Pourquoi ne pas en parler vu que
c’est un peu un point angulaire de tout album de metal. Ils sont
variés, carrés et bien exécutés. Pourtant, ils ne donnent pas
franchement l’impression de sortir des clichés du death avec dès
la première chanson ces fameux « scouiiiiiiii » en fin
de riff typiques du genre qui apparaissent. Vraiment pas original et
pour tout vous dire, une des caractéristiques du death dont je me
passe allègrement. Ensuite, pour continuer dans les lamentations,
ces riffs ont beau être variés, bien exécutés et tout le toutim,
ils ne sont donc pas originaux, mais en plus ils sont tellement noyés
dans la violence extrême de l’album qu’on ne les distingue même
plus finalement. Un comble!Car voilà, il est temps de vous l’avouer, je
n’aime pas cet album. Bien loin de toutes les enflammades que
j’ai pu lire à son sujet, il m’ennuie profondément. Arriver au
bout de ses trente-six minutes est plus un gageure qu’autre chose. Les
blasts incessants (et dire qu’ils sont censés avoir baissé le
rythme!) sont fatigants et inutiles. Ils bouchent complètement le
spectre sonore de l’album. On n’entend plus qu’eux tant et si
bien que les riffs passent au second plan. On est du coup très très
content quand enfin ils daignent aller voir ailleurs si on y est et
c’est pour ça que la fin de Hecatomb est bonne. Pas de blast! Et
un riff enfin audible. Géant. Vous l’aurez désormais compris, le
principal, et rédhibitoire, défaut de cette galette est son
outrageante inaudibilité. Certes quand on prête fortement
l’attention on arrive à discerner du bon, mais la bouillie sonore
fait front. On a l’impression dès lors d’entendre un bruit de
fond extrêmement fort pendant la (quasi) durée de l’album.
C’est paradoxal puisque la production est puissante et carrée…
Peut-être trop clinique.Heureusement les Belges ne se fourvoient pas en
permanence car outre la fin d’Hecatomb, The Inertia peut être
aussi taxée d’audible et agréable. Ce constat est d’autant
plus frustrant que Aborted est bon quand il ne blaste pas sans réfléchir.
Les parties « calmes » sont en effet très bonnes.
Dommage. Il ne faut cependant pas vous tromper, l’album est
fatigant et lassant. Ou alors, il faut l’écouter de nombreuses
fois pour en comprendre les subtilités. J’en suis à six-sept et je
n’arrive toujours pas à décoller. Et je n’ai plus envie de
faire l’effort. Ceux qui l’apprécient ont dû réussir à
passer ce cap. Je camperai sur mes positions: brouillon et ennuyeux.
En plus, vous pouvez rajouter à cela un chant death un poil varié,
mais dont la version la plus caverneuse est proprement pas du tout
originale. Comme l’album finalement (au risque de heurter ses
adorateurs).Conclusivement parlant, on peut parler d’un
grand gâchis. Car les gore belges excellent dans les parties plus
lourdes. Malheureusement, ils abusent de la solution blast beat et
roulement de double grosse caisse qui masquent tout sur leur passage
pour au final donner un album épuisant et chiant. Dommage et très
moyen donc. Copie à revoir pour la prochaine fois en éliminant ces
inutiles parties d’ultra vitesse et ce sera sûrement gagné.