Heavy Heavy Low Low Everything’s Watched, Everyone’s Watching

Amis de la poésie, bonsoir. Sur une imagerie de salle de bain crade (il fallait y penser), les cinglés d’Heavy Heavy Low Low ont décidé de nous asséner onze morceaux d’un genre de grindcore complètement barré, et ceci pour une durée totale de vingt-deux minutes! Enchaînant joyeusement death, jazz, heavy et postcore sur des paroles introspectives dont il est difficile de savoir si elles sont parodiques ou pas, la jeune formation californienne nous délivre une galette à la fois réjouissante totalement infréquentable.

Le fan de grind se sentira chez lui à l’écoute de l’opener This Is Really Testing The Patience That I Never Had : trente-trois secondes de haine pure hurlante, blast-beat et grosses dissonances à la clé, ça vous calme un homme. Gros son, chanteur psychotique, musiciens sous acide : tout ça ressemble dans l’esprit à un bon vieux Napalm Death première époque, quand le groupe ne savait pas jouer à moins de 335 à la noire. Mais la sauce se complique nettement dès les titres suivants : si la folie s’exprime toujours par le biais d’un chant postcore de type « dégueulis radioactif », le groupe se met soudain à complexifier sa musique à outrance et à partir vers les verdoyantes terres de l’expérimental.
Robbie Smith est assez proche d’un Chino Moreno dans sa tendance à enchaîner hurlements hystériques et phrasé plaintif, et son chant colle parfaitement bien à la musique sans queue ni tête de son groupe. Les beats disco sur chant death laissent place à de gros riffs Panteriens puis à des beat-downs hardcore écrasant (le hardcore restant le style-pivot), sans compter les délires jazzy et l’hilarante intro pop-punk de Kids, Kids, Kids qui tape juste et permet de profiter pleinement du plan brutal-death qui débarque derrière. Et c’est ainsi à longueur d’album : les titres dépassent rarement deux minutes et sont tout autant de grosses claques aussi violentes que foncièrement désaxées.
Les paroles semblent tirées du journal intime d’un psychopathe et laissent parfois perplexe car elles tirent autant vers l’absurde stupide que vers la poésie, ce qui est assez fort. Aucune continuité entre elles en tout cas, ce qui est le cas de l’album dans son ensemble : difficile de retenir une chanson en particulier dans cette déferlante schizophrène où le groupe semble exprimer soit un malaise perceptible soit une énorme parodie de ce malaise. Cette maîtrise du second degré rend Everything’s Watched, Everyone’s Watching sympathique, même si le tout est bien trop déstructuré pour être réellement bon. Les amateurs de trucs débiles et de violence gratuite se régaleront un temps, les autres fuiront à bride abattue.

Unwritten Law The Hit List

Énième groupe de modern-rock à la sauce MTV devenu respectable avec les années, les quatre gus d’Unwritten Law nous viennent de Californie (original). Malgré la ferme impression de déjà vu, ils réussissent à imposer leur panache par un réel goût du jeu et un sens du « fun » indéniable, et ne sont même pas à l’abri d’une certaine finesse de composition lors de certains accidents. L’occasion de découvrir ces inconnus en France par leur premier best-of : The Hit List !
Après une introduction mensongère (où on pourrait croire avoir à faire avec un groupe mélodique) surgit sans prévenir une brusque transition vers le “Kashmir” de Led Zeppelin – enfin dans une version légèrement trafiquée puisque créditée par le groupe. Pour résumer la musique qu’Unwritten Law nous livre sur The Hit List rien de plus simple : prenez les bases du modern-rock européen, saupoudrez d’une pincée de nü-metal à la Linkin’ Park, d’une goutte de l’esprit jeune et dérisoire de Weathus, touillez avec un zeste du california-punk d’Offspring, concassez à la production sans faille d’Evanescence, ajoutez-y beaucoup de sucre : vous obtenez Unwritten Law ! Un concentré de vague où le «rock» ne symbolise plus grand chose tant ses sous-genres ont enfanté de sous-styles. Grunge, post-punk, emo, et toujours indie, tout y passe. Sans pourtant être catalogué dans un de ces styles, le groupe n’a pas hésité durant sa carrière à mélanger toutes ces fibres pour s’adapter à la jeunesse auditive.
Une jeunesse qui hante jusqu’aux titres du groupe. Admirez plutôt : “Rescue Me”, “Up All Night”, “California Sky”, “Save Me (Wake Up Call)”, “Lonesome”… n’est-ce pas là un éloquent registre de thèmes adolescents ? Le groupe sait ce qu’il représente, et 15 ans dans les dents ne l’empêche pas de continuer à hurler comme à l’accoutumée. Il est d’ailleurs malheureux que pour exprimer ce fameux « malaise générationnel adulescent par la rébellion contre l’autorité de la morosité », ce pauvre Russo doive s’arracher la voix, comme sur “She Says” où il hurle plus fort qu’une mouton égorgé à la scie à pain. Mais qu’a-t-on fait à cet homme pour qu’il souffre ainsi ? Un morceau comme “Teenage Suicide” est à ce titre bien mieux réalisé – demi-mesure, rythme saccadé, hymne à reprendre en chœur… À sa grande période, Unwritten Law savait cracher de rudement bons morceaux.

Et dans leur genre (un peu foireux) “Celebration Song” ou “Up All Night” sont absolument parfaites ! Fermez les yeux et écoutez ça, vous verrez instantanément se matérialiser devant vous un « college » états-unien avec ses blondinettes en mini-jupe, ses tombeurs en t-shirt de baseball et son professeur noir (je sais, mais on m’a obligé à mettre un quota dans ma chro’). Tout comme Green Day ou Nickelback, (en moins connu chez nous) Unwritten Law sait mêler les vieilleries larsenisantes vaguement garage à du gros son qu’on sent sorti d’ailleurs que d’une cave. L’excellente inédite “Shoulda Known Better” remporte ainsi la palme de l’accroche crade à la résonance infinie. Pourtant la musique dispensée est d’un commun fatiguant et d’un creux rare… mais l’objectif est atteint avec brio ! On sent chez beaucoup de groupes de cette vague MTV une facilité frappante à composer et à sortir des disques qui, s’ils n’inventent rien, ne peuvent se voir accuser d’inintérêt total – mais jusqu’à quel point les producteurs y sont pour quelque chose ?
Car comme souvent dans ce style, il n’y a rien à dire du côté de la production : tout est parfait, lisse et résonne sans peine. Qu’il s’agisse des minoritaires extraits de leurs premiers albums à la sauce speed des suivants plus victorieux, tout sonne à l’identique. Certes le groupe n’en est pas à ses débuts (leur premier album a déjà 13 ans d’âge) mais il est très curieux d’apprendre que pour l’occasion de cette sortie, Unwritten Law a choisi de ré-enregistrer tous les morceaux qui datent de leurs précédents line-up ! En plus de formater tous leurs précédents efforts aux critères de notre époque, cela donne une image plutôt antipathique du groupe, qui renie tout bonnement ses anciens musiciens en passant à l’as leur participation. Un choix aussi incompréhensible qu’irrespectueux qui ne participe pas à rendre le groupe sympathique…
Enfin, et dernier énorme de défaut : pourquoi étaler 20 pistes pour une heure et quart de musique quand on n’en a pas entièrement les moyens !? Si au moins les Unwritten Law torchaient des morceaux urgenteux de deux minutes au compteur ; mais non, tout avoisine les trois voire quatre minutes, alors inutile de dire qu’écouter le CD du début à la fin relève de l’épreuve tant les pistes se ressemblent. La réédition des anciens morceaux avec les musiciens actuels aggrave ce souci car tout se met à résonner encore plus proche, le best-of ne rendant même plus compte de l’évolution du groupe !
On ressort vite fourbu et saoulé par l’épreuve qu’incombe ce CD. Comme chez tous les groupes de sa génération, Unwritten Law a des capacités évidentes qu’on ne peut nier mais s’engouffre dans des pièges faciles, de la redondance et une sur-dose rebutante pour les non-initiés. A ne conseiller qu’aux gens voulant découvrir le style, et aux hardcore-fans.

The SmashUp Being And Becoming

Enième groupe de modern-rock à la sauce MTV, the SmashUp s’est déjà rendu célèbre outre-atlantique par une participation remarquée au Gigantour 2006 en première partie de Megadeth. Le groupe nous envoie donc ici son premier album, le concerné Being and Becoming, pourtant sorti chez eux depuis 2005. Ce qui nous permet un peu de recul sur le groupe.
Pour résumer la musique que the SmashUp nous livre sur Being and Becoming rien de plus simple : prenez les bases du modern-metal étatsunien, saupoudrez d’une pincée de punk à la NOFX, d’une goutte de l’esprit déluré et chaotique de System Of A Down, touillez avec un zeste du neo-emo de My Chemical Romance, concassez à la production clinquante et métallisée d’Offspring, ajoutez-y beaucoup de sel : vous obtenez the SmashUp ! Immédiatement on capte la rage qu’y met le groupe et notamment son chanteur Matt White qui, s’il en rajoute ans le glaireux, fait son possible pour atteindre des graves qu’il désespère de pouvoir aborder tranquillement. Qu’à cela ne tienne, écoutons-le souffrir. Après tout, c’est le but de l’emo, non ?
Mais attention, chez the SmashUp, les influences emo ne se ressentent que dans la musique. Dans le texte, point d’amour perdu, point de nostalgies, de statues et de gotheries futiles. Preuve en est, cette petite explication qui parle d’elle-même : «We deal with the important issues that life is really made up of: Loneliness, suicide, addiction, disorders, fear, abortion, religion, and contemplation of life, death, and the meaning behind our existence. We try to put a positive spin on these things and show that anything can be overcome.» Et c’est plutôt un bon point que cette idée de vouloir écrire sur d’autres themes que ceux maintes fois ressassées qui préoccupent généralement ce type de groupes (bon, cela ne veut pas non plus dire que les textes sont phénoménaux).
Alors pour déposer ses textes, the SmashUp tente de broder des refrains qui tuent. Celui de “House Aflame” est par exemple tout ce qu’il y a de plus typique – mais le groupe réussit, on ne sait trop comment, à rendre intéressante cette banalité qui n’est pas sans charme juvénile. Les pistes violentes sont souvent d’un goût douteux mais une petite partie d’entre elles sait se réinventer pour donner du fun et un peu de dance dans le mix souvent brouillon de l’emocore (la démonstrative “The Beating of Your Life” est à ce titre une introduction parfaite). Bien sûr cela rate souvent également. Le plutôt médiocre “Effigy” paraîtra pourtant dans la bande-son originale du film Saw III ; ce qui sera également le cas de leurs frères de labels Opiate For the Masses
Contrairement à ce qu’on pourrait penser à la première écoute, le groupe a un peu plus de demi-mesures que prévue – et arrive parfois à écrire des morceaux décalqués et haletants comme “No Name” qui n’est pas sans rappeler du System of a Down dernière période. Influences qu’on retrouve également sur l’introduction de “Violence Part II” qui virerait limite thrash s’il n’y avait pas tant de gémissements. Le disque montre un groupe en forme qui semble avoir plus de connaissances musicales que ce à quoi on pouvait s’attendre. Ce qui ne les empêchera pas de graver une atrocité telle que “Rachel’s Day”, dit aussi la syncope vu par quatre mongoliens.
L’avantage des groupes de cette vague se résume souvent à une excellente production, qui rend le final (même s’il est creux) pêchu et racé. Ici pourtant, the SmashUp ne se repose pas là-dessus et heureusement pour eux, chaque instrument a été pensé dans une optique précise pour que les guitares d’Alfieri donnent l’avantage mélodique sur laquelle se posera la basse ultra-métallique de Liegey. Energie et influences punkistes, le groupe choisira pourtant de terminer par une ballade toute en retenue, la jolie “Murder to the Mattress” qui montrera les limites vocales de White. Limites compensées par le jeu compact et (s’il n’est pas très recherché) homogène des trois gus de derrière, qui arrivent à rendre leur Being and Becoming moins futile qu’on aurait pu le penser.

Symphorce Become Death

Symphorce approche tranquillement des dix ans de carrière et continue à diversifer son propos album après album. Godspeed avait montré un combo désireux de lier le côté epique du power mélodique avec la violence du thrash voire le groove du néo, et ce avec un certain succès. Deux ans et un changement de batteur plus tard, Andy B. Franck et ses troupes sont de retour avec ce Become Death dont le titre comme la pochette sont très évocateurs : on n’est pas là pour gambader dans les clairières avec moult pinsons et petits lapins, on est là pour faire du lourd, du dark, du méchant.
Au cas où on n’aurait pas compris, « Darkness Fills The Sky » attaque sec : une intro mélodique malsaine très Machine Head dans l’esprit, puis c’est un plan limite death qui déboule sans prévenir! Le couplet est très thrash et très moderne, et Andy B. Franck surprend son monde en balançant son chant le plus violent à ce jour, allant carrément jusqu’au growl. Quand on l’entend enchaîner un chant puissant et haut-perché sur le refrain typiquement power/heavy qui déboule derrière on est un peu soufflé, et ça ne fait que commencer. Il faut dire que l’homme déploie sur cet album une palette très impressionnante, reliant sans souci les registres de Bruce Dickinson et Robb Flynn. Il maîtrise parfaitement son organe et dépasse de fait son statut de « simple » bon chanteur pour devenir référentiel sur cet album, rien que ça. Il faut dire qu’en modulant de la sorte il ne fait que suivre la musique de son groupe, qui semble décidé sur cet album à explorer le plus de domaines possibles dans le métal.
Le riff ultramoderne et syncopé qui ouvre « Death Has Come » est non seulement irrésistible, mais la compo donne dans un power-heavy racé sur lequel B. Franck se fait plaisir à monter ou descendre à loisir le taux d’agressivité de la musique avec ses modulations de voix. Le deuxième titre s’ouvre sur une intro electro, les sonorités synthétiques venant ensuite servir de base aux couplets qui frisent l’indus-goth. Le gothique est d’ailleurs la nouvelle couleur de la palette de Symphorce : absent de Godspeed, cet élément éxplose sur plusieurs compos tels l’intro de « In The Hopes Of A Dream » qui semble carrément tirée du One Second de Paradise Lost. Le mimétisme du plan est tel qu’on aurait hurlé au plagiat total si le couplet heavy et le refrain mélodique ne partaient pas dans une autre direction ensuite. Le groupe récidive avec « Inside The Cast » : le couplet fleure bon Moonspell (chant compris), alors que le refrain est un exemple de heavy mélodique lyrique de haute volée. Et ça marche…

En effet, si on peut légitimement reprocher au groupe de ne pas assez assimiler ses différentes influences avant de les mélanger, il est évident que Symphorce possède une forte identité… en grande partie grâce à son chanteur tant la voix multi-fonctions de B. Franck unifie la musique du quintet. Dire que cet album est varié relève de la litote, et on lui reprochera surtout un certain manque de dynamique : là où Godspeed était pensé pour baffer l’auditeur un peu plus à chaque titre, Become Death ne suit aucun chemin particulier, se contentant d’enchaîner les ambiances. Plus aventureux que son prédécesseur, cet album confirme en tout cas que Symphorce reste toujours aussi actif et énergique après une carrière déjà longue. Malgré certaines maladresses on profitera donc de cet album mineur mais plein de bonnes idées, et on célèbrera l’arrivée officielle d’Andy B. Franck dans le cercle fermé des Chanteurs de Métal Qui Poutrent Sévèrement. Vaut qu’on y jette une oreille.

He Is Legend Suck Out The Poison

Le désert du sud des États-unis. Pas un bruit, pas un chat. Seul un muad’dib (petit rat du désert) qui extirpe laborieusement une pochette crasseuse du sac d’un quelconque facteur mort de soif qu’il a trouvé étalé là. Il a suffi qu’il frôle le petit paquet métallique qu’il portait autour du cou pour qu’après un bond de surprise il perçoive sa musique des plaines désolées.

Bien qu’il ne connaisse pas ces nouveaux styles de metal et de screamo, il sait par contre reconnaître d’où viennent les bases du groupe. Immédiatement lui reviennent successivement en mémoire le Creedence Clearwater Revival et Lynyrd Skynyrd, les rythmes country lourds et les voix cassées, les pick-up en rade et l’odeur d’essence chaude. Le rat met un temps à s’habituer aux sonorités nouvelles, il n’est pas habitué à un tel taux de saturation – mais ce changement est accessoire. Qu’il s’agisse de l’entrée “Dixie Wolf” ou de l’hymne “Suck Out The Poison”, le contact démarre sans peine et il ne met pas longtemps à apprécier.
Il comprend lentement les codes et les images qui régissent ces procédés. Il suit le parcours d’un chemin de fer pour train à vapeur qu’il peut observer sur la pochette. En jetant un oeil sur le petit morceau de carton, la lecture de “Serpent Sickness” ou “Attack of the Dungeon Witch” lui évoque les frasques cendreuses de Molly Hatchet, et la musique ressemble en effet à une version moderne et abîmée du Molly. La plus grande différence qu’il puisse relever d’avec la musique qui l’a élevée, ce sont tous ces développements étranges que contiennent les morceaux. Il comprend que pour pouvoir encore se diversifier, les musiciens ont appris à déranger et leur musique a dû se complexifier.
Heureusement pour le rat, l’atmosphère de roc brûlant qu’il a tellement chérie dans son enfance est toujours là. Les expressions distordues des guitares lui semblent tout de même plus cadrées. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce nouveau metal ne lui évoque pas autant de poussière et de chaleur que l’ancien southern-rock, même malgré les hurlements rageurs du chanteur. Sur certains titres il a même l’impression d’entendre un disque nocturne, une représentation des nuits froides et venteuses du sud (“Mushroom River”) en opposition avec la terre brûlée qui lui ronge les poils le jour (“The Widow of Magnolia”).
Le rat grignote patiemment ce qu’il entend. Son contact avec des morceaux alambiqués tels “China White II” l’a laissé pantois. S’il avait entendu toutes sortes d’étrangetés dans les musiques qu’écoutent les jeunes, il ne connaissait pas cet étonnant mélange. Il est encore plus surpris par “Cannonball Hands” et “Opening” qui lui montrent que de jeunes humains énervés sont toujours capables de calmer leurs ardeurs et de composer, au moins pour la première, de jolies passades acoustiques aquatiques. Et lorsqu’au lac sec les brebis sont abreuvées, elles recrachent un “(((Louds” bluesy qui clôt leur album enflammé avec grandeur.
Si les bonnes choses ont une fin, le rat ne regrettera pour autant pas de laisser le disque sur place. Trop long, trop fouillis… certains passages lui étaient même fortement antipathiques (“Mushroom River”, “Stamped”) et il y a fort à parier qu’il s’en serait vite lassé. Il en a vu d’autres et il sait que les gamins ont besoin de temps. Il y reviendra une prochaine fois. Quand il aura de nouveau faim…

Just Jack Overtones

Cymbales passées à l’envers, harpe, samples de téléfilms, puis émerge un beat dance sur lequel viennent se poser un phrasé hip-hop délibérément monotone, une basse slappée et des sonorités de claviers sortis de la console 8-bits du grenier ; Writers’ Block n’est même pas commencée depuis une minute que déjà, Jack Allsopp a planté son univers. Celui d’un jeune anglais un peu paumé qui a trompé son ennui dans les fêtes, les disques et un certain sens de la culture geek.

De ce fait, Jack a beau nous raconter la vie telle qu’il la voit, anodine, grave, dérisoire, on sent qu’il y a en lui une volonté de ne pas se prendre au sérieux. Ses compositions sont faussement simples et facilement appréciables, aiment à surprendre par des mélanges prétendument incongrus ; et dans le meilleur des cas, ce sont des tubes. Des vrais. Malgré son résumé anarchique en début de chronique, le titre Writers’ Block est parfaitement structuré, et la mise en place de tous ces éléments amène à une pure bombe hautement addictive. Dans le même genre Marcus Miller contre le retour de Pac Man, I Talk Too Much a également le potentiel pour faire remuer intelligemment les foules, grâce à un refrain classieux. Et là encore, tout se rencontre : solo de gratte heavy (!), guitares funky, trompette brumeuse, décollage de soucoupe volante… mais tous ces mélanges se font discrètement, presque naturellement. Il n’y a pas de tape-à-l’œil ici.
Si les morceaux sus-cités ont de quoi faire parler d’eux, nous prétendons tenir en Starz In Their Eyes l’un des titres de l’année 2007, pour le meilleur (radios, dancefloors) comme le pire (futur générique d’émissions de M6). Pourtant moins riche que d’autres compositions de ce recueil, Starz… tient sa force dans un refrain absolument sensationnel. Tout concorde à vous donner une pêche pas possible : la rythmique appuyée et bondissante, de nouveau les guitares funky qui dressent des accords en arc-en-ciel, et le phrasé terriblement musical d’Allsopp. Un break purement hip-hop se charge de maintenir les ardeurs à niveau, avant de repartir sur le thème principal pour une dernière minute de bonheur… simplement remarquable.
Mais comme décidément beaucoup trop d’albums, la seconde moitié ne parvient pas à retenir si bien l’attention. On trouve pourtant des choses délectables, comme l’urgence groovy de No Time ou l’atterrissage final Spectacular Failures, qui referme l’album sur une note épique. Mais avant cela, il aura fallu passer par les structures bancales de Symphony Of Sirens, le refrain poussif de Life Stories (alors que les chorus efficaces sont une des grandes constantes de l’album) ou l’exercice de la ballade, dans lequel Allsopp s’essaie à un chant plus expressif, mais la sensibilité apparaît forcée. Preuve que la créativité de Jack Allsopp n’est pas encore maîtrisée sur tous les registres… mais il y a là tout de même des choses très notables qui feront danser dans les chaumières, qui intrigueront les éclectiques de tous bords et qui parleront à tous ceux qui aiment la vie, même – et surtout – quand elle est follement absurde.

Hartmann Home

Oliver Hartmann poursuit sa carrière solo avec son deuxième album, Home. S’il parait de plus en plus à l’aise pour jouer les David Coverdale de service, on regrettera juste que les défauts de son premier album, Out In The Cold, n’aient pas été corrigés.
Le meilleur côtoie le pire sur cette galette de rock mélodique et le démarrage est un peu hésitant : Coming Home To You au refrain pré-formaté Frontiers, une ballade banale sauvée par la voix d’Oliver Hartmann (My Everything Is You). Rien de bien excitant à première vue. Pourtant, au fur et à mesure que l’album défile, on remarque la présence de rock bien balancé, direct, aux refrains entêtants (Just For You, Somewhere Someday) et avec un feeling parfois proche des années 70 (Millionaire, avec son tempo rapide, passerait presque pour un remake de Lady Double Dealer, sur l’album Stormbringer… de Deep Purple !).
Tout le talent d’Oliver Hartmann, la classe évidente dont il fait preuve (sur les ballades I Don’t Want To Know et Lay All Your Love On Me par exemple), sa sensibilité, son feeling… on ne peut être qu’admiratif. On sent les progrès effectués depuis Out In The Cold, belle revanche pour celui que l’on croyait cantonné à du heavy de 3ème division avec At Vance. Il manque juste un peu plus d’homogénéité dans la qualité de ses chansons, mais on y est presque.

Dimmu Borgir In Sorte Diaboli

Quatre ans d’attente ! Dimmu Borgir ne se lasse plus de faire attendre ses auditeurs chéris toujours plus nombreux. Il faut dire que la tâche est dure: toujours faire mieux. Et les membres eux-mêmes ont beau dire qu’ils ne font de la musique que pour eux-mêmes, on ne les croit qu’à moitié. Toujours est-il que Dimmu Borgir est un groupe qui marque, qui d’album après album apporte des clés ouvrant de nouvelles portes, éclaircissant la voie aux combos moins chanceux. Alors qu’en est-il du dernier opus In Sorte Diaboli, presque concept album sur le thème d’un prêtre incarnant au fil de sa vie la deuxième venue de l’antéchrist ? Il est de toute façon certain que le combo norvégien franchit ici un pas moins important que ce à quoi nous avions été si heureusement habitués par le passé.
C’était de toute façon chose compliquée après l’enchaînement diaboliquement bon de Enthrone Darkness Triumphant, Puritanical Euphoric Misanthropia et enfin de l’extrême et orchestral Death Cult Armageddon, dont le point d’exclamation a été en 2003 le réenregistrement de l’incontournable Stormblåst. Cette brochette de succès est incontestable, c’est pourquoi il est dur de placer aujourd’hui In Sorte Diaboli, album moins marquant mais racé, puissant, fleurant bon le retour aux sources sans toutefois négliger les quelques orchestrations dignes du groupe ni les vocaux clairs et frissonnants de Vortex, peu fréquents mais puissants. La légende vivante Hellhammer est derrière les fûts, ce qui apporte qu’on le reconnaisse ou non une aura diabolique supplémentaire à cette oeuvre qui en avait déjà une belle. Coup de pub ou réel investissement ? Au final tout le monde s’en fiche, puisque le résultat est fin, nuancé tout autant que puissant, et c’est cela qui compte.
Concrètement, In Sorte Diaboli se désenchante pour retrouver sa bête noire, reprend la puissance de la précédente réalisation du groupe épurée des orchestrations démonstratives et y inculque une dose de rage supplémentaire. Ce retour n’est pas sans rappeler ceux de Rotting Christ ou Mahyem… Quelque chose plane dans l’air, rappelant les âmes sombres à la terre de leurs pères. Profitons-en… ! Et c’est alors qu’après « The Serpentine Offering », titre purement Hollywoodien et guère surprenant mais réussi dans la pure lignée du dernier Death Cult Armageddon, un creux se forme. Oui ! C’est terrible ! Les musiciens sont partis se fumer une roulée jusqu’au quatrième titre. En effet, quoique directs et non dépourvus d’une aura assez maléfique, « The Chosen Legacy » et « The Conspiracy Unfolds » ne laissent pas grande trace de sang sur le chemin. Les riffs sont connus. L’enchaînement de parties thrash et de plans plus mélodiques ne le sont pas moins… Heureusement donc que « The Sacrilegius Scorn » sonne comme un flash back, comme une gifle nous rappelant à l’ordre d’un Enthrone Darkness Triumphant qui n’est pas près de se faire oublier, de par son introduction symphonique et ses ambiances purement dramatiques. Un des meilleurs titres de cette galette dont la puissance fera parler d’elle sur scène. L’inquiétant intermède « The Fallen Arises » à la teinte aussi sombre qu’ethnique nous fait reprendre notre souffle.
La deuxième partie de l’album s’avère tout aussi encourageante et nuancée avec une offrande charismatique, emmenée par des orchestrations à la fois chaotiques, énergiques et enivrantes. Les breaks se font pesants et l’on se retrouve enfin dans la dramaturgie musicale si chère à Dimmu Borgir, où chaque invective vocale est un sermon, un destin, une fin annoncée. L’alliance de la violence orchestrale et des riffs aiguisés convient à merveille à l’atmosphère dégagée par ce chant possédé et ces chœurs parfaitement antichrétiens. C’est ainsi que se présente « The Sinister Awakening », avant ce qui risque de devenir un autre classique: « The Fundamental Alienation », où toute la puissance du démon se libère enfin avec hargne et violence, par laquelle la pureté expéditive est parfaitement atteinte. L’album se termine avec un complètement dispensable « The Invaluable Darkness », suivi de « The Foreshadowing Furnace », titre à la composition différente de tout ce que nous avons entendu avant. C’est bien cela, il y a bien un petit quelque chose de Mayhem dans ces arpèges, ces mélodies torturées, déstructurées, morcelées… belle fin, vraiment.
Il va de soi que chaque pays ou région du monde sera gratifié de son bonus, pour le plaisir des uns et la rage des autres. En attendant, Dimmu Borgir signe un album complet, hétérogène tout autant qu’inégal, au son évidemment puissant, épuré des très chères orchestrations qui en rebutaient plus d’un et surtout d’une intense puissance reconnaissable parmi toutes. Et pourtant… In Sorte Diaboli me fait penser à son homologue de 1999 Spiritual Black Dimensions, en rien mauvais mais en rien absolument immortel, un peu comme une transition vers une ère nouvelle, vers un renouvellement spontané. Seul l’avenir le dira.

Nick Drake Pink Moon

Ça y est, Nick Drake est près de toucher le fond, l’abus de drogue et le manque de stabilité autour de lui ne font qu’empirer les choses. Joe Boyd parti, c’est vers John Wood (Nico, Pink Floyd…) que se tourne le guitariste. Trevor Dann, le biographe de Nick Drake, dira de ce duo que c’était la rencontre du musicien perfectionniste et de l’ingénieur perfectionniste. Tout ce perfectionnisme se rencontre sur un disque court, 27 minutes seulement, un dernier effort enregistré en deux heures sur deux jours, à minuit.
Finis les arrangements à rallonge et l’omniprésence de l’orchestre qui écrasaient une partie non négligeable de ce qui fait l’attrait principal de la musique de Drake : les mélodies. Et leur retour sur le devant de la scène n’a jamais été aussi appréciable que sur Pink Moon, dès la première chanson éponyme, on prend de l’émotion par vagues successives. Nick Drake fait tout, ce qui donne l’occasion de s’apercevoir qu’il n’excelle pas seulement à la guitare mais aussi au piano. Déjà « A Place To Be » revient à la mélancolie, à la nostalgie même, tandis que « Road » ressemblerait plus à un rêve et « Which Will » à une longue interrogation.
Les chansons brillantes ne manquent pas, à vrai dire il n’y a même que ça. Même les instrumentaux dégagent une puissance émotionnelle sans précédent, au moins aussi grande que leur simplicité. Car on ne le répétera jamais assez, entre un Five Leaves Left « coup d’essai » et un Bryter Layter dont on en viendrait presque à se demander si Nick Drake a réellement donné son accord pour tant de grandiloquence et d’arrangements pompeux, Pink Moon est en quelque sorte le premier vrai album de Nick Drake. Que dire d’un titre aussi bouleversant que « Things Behind the Sun » qui n’ait pas déjà été dit… Un chef d’œuvre de songwriting qui ne peut laisser indifférent, point d’orgue d’un album, et même d’une discographie à lui seul.
Les plus par rapport à Bryter Layter sont faciles à cerner, mais ceux par rapport à son premier album le sont moins. Certains verront des défauts à ce dépouillement arrivé à son paroxysme : un homme et une guitare, la sophistication laisse place à l’émotion. Pink Moon c’est le chant d’un artiste résigné, dans une ambiance presque malsaine, l’asile n’est finalement pas si loin, il n’y a qu’à lire les paroles de « Parasite » pour s’en rendre compte, l’artiste finit par avoir peur des autres, à se sentir en dessous de tout, et ce n’est pas « Free Ride » qui y changera quelque chose. Un dangereux mélange de paranoïa, de déception, d’aliénation se fait dans ce testament qui sera adressé à sa maison de disques avec la note « Je n’avais pas d’autres chansons… ». Le folklorique « Harvest Breed » et l’enjoué « From The Morning » clôturent une œuvre qui sonne comme l’évocation d’une blessure trop profonde pour rester anodine.
Tout est si simple et facile sur Pink Moon qu’on ne peut qu’être surpris lorsque l’album touche à sa fin. Un voyage trop court, c’est la seule chose qu’on l’on peut regretter sur cet opus intemporel, ce que les anglophones nomment à juste titre « a masterpiece ». Malgré tout cela, l’album ne rencontre pas le succès espéré de son vivant, et cela poussera Nick Drake à se retirer quasi-définitivement de la musique (il enregistrera péniblement quatre autres chansons après ça). Et dire qu’il faudra attendre 2000 et un spot publicitaire d’une célèbre marque de voiture allemande pour que les ventes du disque en cinq ans surpassent celles des presque trente années cumulées avant. Les hommages après sa mort furent nombreux (Danny Cavanagh d’Anathema enregistrera un bon album de reprises en 2005), et même s’ils furent mérités, ils arrivèrent certainement un peu trop tard… « Now we rise and we are everywhere ».

Symphony X Paradise Lost

On ne présente plus Symphony X. En tous cas, pas entre gens de bons goûts, ceux-là même qui donnent au monde du metal un petit quelque chose d’intensément raffiné sans en renier le côté brut et sauvage. Mélange de subtiles fragrances qui ont fait les beaux jours des Américains : de leurs débuts heavy-metal neo-classique (The Damnation Game et The Divine Wings Of Tragedy) en passant par des contrées plus progressives (Twillight In Olympus et V) puis l’apport de composantes plus brutes (voire thrash) et orchestrales avec le mitigé The Odyssey, Symphony X a acquis depuis belle lurette ses lettres de noblesse en se posant comme un farouche défenseur du metal progressif au sens large du terme. Pas moins de cinq longues années se sont écoulées avant qu’une nouvelle page de leur épopée soit écrite. Et quelle page.
L’opus précédent avait divisé les fans, certains criant au chef d’œuvre là ou d’autres dénonçaient un manque d’inspiration et une production plate. Il semble que ce Paradise Lost ait pour rôle de remettre tout le monde d’accord ou du moins d’essayer, en piochant dans leur passé certaines composantes et gimmicks qui ont largement contribué à leur succès et en revitalisant tout ça avec une production énorme et des compositions énergiques, sans avoir peur de lorgner une fois de plus du côté du thrash avec une indéniable efficacité. Sombres, sans concession, épiques et bien entendu virtuoses, les dix titres de ce Symphony X cuvée 2007 rivalisent d’audace et d’envolées lyriques, de refrains ravageurs et de ces soli dont Maître Romeo a le secret et l’exclusivité.
Michael Romeo donc, toujours quasi-maître à bord en ce qui concerne la direction artistique du groupe, pète littéralement le feu. Sa guitare est énorme, son jeu toujours aussi fluide avec une forte utilisation du tapping et du legato dans les passages héroïques, mais ce qui surprend surtout, ce sont ses rythmiques lourdes et pesantes, Romeo n’ayant pas peur de radicaliser sa musique vers quelque chose d’indéniablement plus violent. Il est loin le temps où l’on pouvait en toute légitimité le comparer à Yngwie Malmsteen. Mais bien sur, Symphony X ne serait pas grand-chose sans l’autre pièce maîtresse du quintet, Russel Allen. Quelles que soient les critiques faites à l’encontre du groupe par le passé, Russel ne fut (presque) jamais remis en cause et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. À l’instar de son petit camarade guitariste, le chanteur a durci son timbre, souvent rauque, dans un style melodico-agressif qui lui sied à ravir et qui contribue à renforcer le côté massif et sombre de l’album.
On sera étonné par contre de la relative discrétion de Michael Pinnella : finies les longues plages orchestrales comme sur le titre « The Odyssey » et les digressions symphoniques parfois un peu vaines entendues par le passé, cette fois le synthé de Pinnella est parfaitement intégré à l’ensemble, légèrement en retrait par rapport à la guitare de Romeo sur les titres les plus pêchus mais toujours aussi juste et touchant sur les plages plus calmes. Quant à la section rythmique, si elle soutient l’ensemble de façon toujours aussi efficace, on regrettera peut-être que la basse ne soit pas un peu plus mise en avant sur certains passages. Cinq musiciens d’expérience bourrés de talent et motivés à nous servir le meilleur, le résultat pouvait difficilement être mauvais et même s’il n’est pas parfait, il y a des chances que ce Paradise Lost réconcilie les fans désabusés et en ramène une petite fournée de nouveaux dans leur giron.
Passée l’intro Rhapsodienne un poil convenue, c’est avec « Set The World On Fire » que le groupe met les points sur les i : riff rapide, voix puissante et refrain imparable, on goûte à la puissance de la nouvelle recette de Symphony X. « Domination » enfonce le clou de façon magistrale, véritable bombe sur laquelle on sent une osmose nouvelle réunir les cinq musiciens, avec ce surpuissant break piano/guitare au milieu du titre. Jamais deux sans trois, « The Serpent’s Kiss » et son riff headbanguant au possible achèvent cette fracassante entrée en matière. Le message est passé : Symphony X est de retour, en forme, plein de vitamines et avec un bronzage impeccable. Le titre « Paradise Lost » nous montre une facette déjà bien plus conventionnelle du groupe et malgré les indéniables qualités de ce titre, on a une vague impression de déjà-entendu.
Mais la suite nous remet le pied à l’étrier avec un nouveau triptyque survitaminé (« Eve of Seduction » / « The Walls Of Babylon » / « Seven ») où se côtoient refrains grandiloquents, cavalcades effrénées, soli inspirés et toujours un Russel Allen en grande forme, décidément remonté à bloc depuis son duel avec Jorn Lande. « Sacrifice », la ballade du lot, nous offre un moment de calme où le piano de Pinnella se veut lyrique et émouvant et où l’on surprend Romeo en flagrant délit de sensibilité à la guitare acoustique, puis vient ensuite le gros morceau de l’opus, « Revelation (Divus Pennae ex Tragoedia) ». Modeste titre d’à peine neuf minutes comparé aux autres pièces maîtresses des albums passés qui flirtaient souvent avec les vingt minutes, il n’en est pas moins intense et efficace. Il réunit à lui seul toutes les meilleures facettes du groupe et clôt ce chapitre de façon magistrale.
Album parfait ? Non, bien sûr. Si on appréciera les clins d’œil au passé du groupe et certaines ressemblances avec des titres des années précédentes (on aura vite fait de rapprocher – peut-être un peu abusivement, soit – « Sea Of Lies » et « Domination » ou encore « The Walls Of Babylon » et « Of Sins And Shadows »), on ne peut que regretter que le groupe retombe dans certains travers malheureux comme le néo-classique un peu bateau (l’intro de « Seven ») ou la mélodie légèrement sirupeuse (« Paradise Lost »). Mais ce genre de petits défauts, très irritants dès lors qu’on ne voit qu’eux, sont tout de même largement compensés par les innombrables qualités distillées tout le long des soixante minutes de cette œuvre complexe, riche et généreuse. Un grand album d’un grand groupe : difficile de passer à côté, non ?